Quand votre parent n'arrive pas à suivre le médecin en anglais
Votre mère hoche la tête dans la salle d'examen. Elle sourit au médecin, dit oui aux bons moments, et sur le chemin du retour vous réalisez qu'elle n'a pas compris la plupart de ce qui s'est dit. Elle s'est débrouillée en anglais pendant des décennies, à l'épicerie, au travail, à la banque. Mais un rendez-vous médical, c'est différent. Les mots sont inconnus même pour les personnes de langue maternelle, les enjeux sont grands, et être malade rend tout plus difficile à suivre. Pour un très grand nombre de familles immigrantes, ce fossé silencieux dans la salle d'examen est l'un des risques les plus sous-estimés dans les soins d'un parent.
Pourquoi « elle parle assez l'anglais » ne suffit pas ici
Il y a une différence entre l'anglais de la conversation et l'anglais médical. Un parent peut être parfaitement à l'aise dans la vie de tous les jours et perdre le fil quand un médecin explique un diagnostic, décrit comment prendre un nouveau médicament, ou expose les risques d'une intervention. Ajoutez le stress d'un cadre clinique, la pression d'un rendez-vous précipité, et l'instinct naturel de hocher poliment la tête plutôt que d'avouer sa confusion, et beaucoup de choses passent inaperçues. Le danger n'est pas seulement de l'information manquée. C'est un parent qui accepte des choses qu'il n'a pas pleinement comprises, et une famille qui prend des décisions sur des faits incomplets.
Le problème quand c'est un enfant qui interprète
Devant une barrière de langue, les familles se rabattent naturellement sur celui qui parle le mieux l'anglais, souvent un enfant adulte. Cela vient de l'amour, et parfois c'est tout ce qui est disponible sur le moment. Mais cela comporte de vrais risques qu'il vaut la peine de nommer honnêtement.
- Le vocabulaire médical est difficile à rapporter avec exactitude. Même un enfant à l'aise dans la langue peut ne pas connaître les mots d'une affection ou d'un traitement, et de petites erreurs de traduction peuvent avoir de vraies conséquences.
- Cela place un enfant dans un rôle impossible. Être appelé à annoncer une nouvelle effrayante à son propre parent, ou à discuter de sujets intimes, est une lourde chose à porter, et cela peut changer la conversation que le médecin est prêt à avoir.
- Un parent peut se retenir. Il y a des choses que les gens ne diront pas devant leur propre enfant, des symptômes, des peurs, des questions sur le corps, qu'ils confieraient à un interprète neutre.
- Cela peut déplacer discrètement l'équilibre de la relation, en faisant sentir à un parent qu'il dépend de son enfant au moment où il veut le plus garder sa dignité.
Comment obtenir une vraie interprétation
Dans bien des milieux de soins, une interprétation professionnelle est offerte, parfois en personne, parfois par téléphone ou par vidéo, et cela vaut la peine d'en faire la demande bien avant le rendez-vous plutôt que d'espérer qu'elle apparaisse. Un interprète médical formé connaît la terminologie, garde les choses exactes et reste neutre, ce qui libère votre parent de parler ouvertement et vous libère d'être son fils ou sa fille dans la pièce plutôt que le traducteur. Au moment de prendre le rendez-vous, demandez quel soutien linguistique la clinique peut organiser, et confirmez-le de nouveau à votre arrivée. C'est une demande raisonnable, et un bon prestataire la traitera comme normale.
Défendre votre parent, même sans les mots
- Préparez-vous avant la visite. Notez les questions et les symptômes à l'avance, dans la langue la plus claire, pour que rien d'important ne se perde dans la nervosité.
- Demandez les choses par écrit. Les consignes pour les médicaments et les prochaines étapes sont bien plus sûres sur papier que retenues d'une conversation rapide.
- Ralentissez la pièce. C'est tout à fait légitime de dire: « on a besoin d'un moment pour s'assurer que ma mère comprend bien ceci. » Un bon clinicien y sera favorable.
- Confirmez la compréhension à voix haute. Faites redire à votre parent, par l'interprète, ce qu'il pense devoir faire, pour qu'un éventuel écart ressorte là et non à la maison.
- Tenez un dossier partagé. Un résumé simple et à jour des affections, des médicaments et des médecins fait en sorte que chaque nouveau rendez-vous ne reparte pas d'une page blanche.
Comprendre ses propres soins n'est pas un luxe ni une faveur. C'est la différence entre être soigné et se faire parler par-dessus la tête, et chaque parent mérite le premier.
Une partie de la raison pour laquelle nous avons conçu Eldovia pour être guidé par la voix et chaleureux, c'est qu'un parent devrait pouvoir parler et être compris dans ses propres mots, sans se battre avec la technologie ni avec une langue qui ne vient pas facilement. Si une barrière de langue fait partie de l'histoire de votre famille, vous êtes le bienvenu pour vous inscrire à notre liste d'attente.
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