L'errance, et ce qui aide vraiment
Il y a peu de choses plus effrayantes pour une famille que le jour où un parent atteint de démence franchit la porte et ne retrouve plus son chemin. Cela peut arriver dans le temps qu'il faut pour répondre au téléphone. La peur que ça laisse est immense, et elle pousse souvent les familles droit vers les serrures, les alarmes et un monde qui rétrécit pour la personne qu'elles aiment. Avant d'en arriver là, il aide de comprendre ce qu'est vraiment l'errance, parce qu'une fois qu'on en voit le pourquoi, le quoi faire devient plus doux et plus efficace.
L'errance n'est pas sans but
Vue de l'extérieur, elle semble aléatoire, mais elle l'est rarement. Une personne atteinte de démence qui quitte la maison essaie habituellement d'accomplir quelque chose qui a tout son sens à ses yeux. Elle se rend à un emploi qu'elle a quitté à la retraite il y a des décennies, va chercher des enfants qui sont aujourd'hui adultes, cherche une salle de bain dans un lieu inconnu, ou tente simplement de marcher pour apaiser une agitation qu'elle n'arrive pas à nommer. Sa mémoire a glissé vers une autre époque, et son corps la suit. Comprendre qu'elle va vers quelque chose, et non pas seulement loin de vous, change votre façon de réagir.
Des déclencheurs courants à remarquer
- Un besoin non comblé: la faim, la soif, l'envie d'aller aux toilettes, avoir trop chaud ou trop froid.
- L'agitation ou l'ennui, surtout en fin d'après-midi et en début de soirée, quand l'agitation monte souvent.
- Un changement de décor. Une nouvelle maison, un séjour à l'hôpital ou une visite dans un lieu inconnu retire les repères sur lesquels la personne s'appuie.
- Une vieille routine qui refait surface: partir travailler, promener le chien qu'elle avait autrefois, rentrer dans une maison d'il y a longtemps.
- La peur ou la surstimulation. Un environnement bruyant, bondé ou déroutant peut faire du départ un soulagement.
Réduisez les raisons avant de sortir les serrures
L'approche la plus humaine consiste à rendre l'errance moins probable dès le départ, plutôt que de seulement chercher à l'arrêter à la porte. Un rythme quotidien prévisible apaise l'agitation qui la précède si souvent. Assez de mouvement et d'activité douce dans la journée dépense l'énergie qui, autrement, ferait faire les cent pas à la tombée du jour. Combler les besoins tôt, garder les repas, le repos et les visites aux toilettes selon un horaire régulier, élimine bien des courses que l'esprit invente. Et un environnement plus calme, avec moins de bruit et de désordre, donne moins de raisons de chercher une sortie.
Des mesures concrètes qui préservent la dignité
- Rendez les sorties moins visibles plutôt que d'en faire une forteresse. Un rideau devant une porte, ou une serrure placée plus haut ou plus bas que le niveau des yeux, suffit souvent sans donner l'impression d'une prison.
- Offrez à l'envie de bouger un endroit sûr où aller. Un parcours où marcher à l'intérieur ou dans une cour clôturée permet de déambuler sans partir.
- Préparez-vous au jour où ça arrivera quand même. Gardez une photo récente à portée de main, et pensez à un bracelet d'identification ou à un dispositif de localisation, pour qu'une personne qui sort puisse être retrouvée vite.
- Prévenez les gens autour. Un voisin de confiance qui sait vous appeler, plutôt que de présumer que tout va bien, est l'un des meilleurs filets de sécurité qui soit.
- Quand la personne est décidée à partir, n'argumentez pas. Marchez avec elle quelques minutes, puis ramenez doucement la boucle vers la maison. La redirection fonctionne là où le raisonnement échoue.
C'est une situation médicale, pas seulement de sécurité
Une hausse soudaine de l'errance ou de l'agitation vaut la peine d'être signalée au médecin. La douleur, une infection urinaire, un effet secondaire d'un médicament ou un mauvais sommeil peuvent tous la provoquer, et certaines de ces causes se traitent rapidement. Vous n'exagérez pas en posant la question. Vous donnez à un professionnel la chance de trouver une cause que vous ne voyez pas, et souvent de rendre votre proche plus confortable et plus apaisé.
Le but n'est pas d'enfermer quelqu'un. C'est de rendre le monde autour de lui assez sûr pour qu'il puisse continuer d'y circuler.
L'errance entraîne les familles vers la peur, et la peur a tendance à réduire la vie d'une personne à quelques pièces surveillées. Nous bâtissons Eldovia pour aider à tenir l'autre côté de cet équilibre, en gardant un parent stimulé, doucement occupé et connecté tout au long de la journée, pour qu'il y ait plus de vie à garder en sécurité au départ. Si vous portez cette inquiétude, vous êtes le bienvenu pour vous inscrire à notre liste d'attente.
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